
L’intention, dans ce départ qui s’apparente à un mystère, était de laisser infuser les mots et les images, autoriser les rêves à prendre chair et, tel le petit Poucet, semer des graviers aléatoires offerts au promeneur qui voudrait bien les ramasser. J’en fais partie…
Un livre de plus sur le Brésil, pays souvent col-porté par des clichés touristiques qui appauvrissent son réel : Copacabana, carnaval, samba, batucada, capoeira, futebol, mulata et, dans le meilleur des cas, la magnifique chanson de Vinicius de Moraes, A garota de Ipanema. Lepage se laisserait-il prendre au piège d’une féérie constamment relatée, désespérément frelatée ?
Première page, première ville. Sao Paulo. Il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Sao Paulo, ville mal aimée du Brésil, ville mastodonte, assommée d’immeubles, de néons, de publicités envahissantes, ses hélicoptères, ses banques dévorant l’Avenida paulista, ville repoussoir si on ne fait pas l’effort de la conquérir, ville en contradiction flagrante avec les images d’épinal forgées par le touriste lambda. Elle est l’objet de ses premiers croquis. Puis, sans ordre, du Minas Gerais et ses églises baroques en passant par l’incontournable baie de Rio de Janeiro à l’ombre des bras en croix du Corcovado ; Brasilia, ses monuments et rues qui indiquent leur route aux nuages ; Belem et son port mis à nu par les eaux retirées ; Salvador da Bahia et son ascenseur qui charrie 50000 personnes par jour pour un voyage de 15 secondes ; et les cataractes débridées de Foz de Iguaçu, aucun des standards n’est épargné…
Lepage s’était-il laissé prendre à la magie désolante à force d’être ressassée ?
Pas tout à fait. Le parti-pris de ce voyage est clairement affiché. Le regard se focalise sur les paysages mille fois revus autant que sur les corps déformés, les visages mutilés, les estomacs percés de mille aiguilles, la solitude de Monsieur Carvalho, les rêves de Paulinho, les désirs d’Alberto, les actes manqués dans une gare routière, les pirouettes sur la plage d’Algodoal, l’enfance rieuse malgré le reste, des tranches de vie esquissées, les non-dits, le peuple brésilien dans son entier, sa diversité, ses blessures, et enfin… Lepage lui-même qui s’immisce, comme par effraction, dans ce qu’il observe. Il faut dire que le voyage est une constante chez l’auteur qu’il s’agisse de la série Névé, Les voyages d’Anna ou encore La terre sans mal (prix Alph’Art du meilleur album d’Angoulême), le voyage est expérimenté comme un temps suspendu, unique, dense, où la quête autant que la rupture, la rencontre autant que la solitude se suffisent en soi.
Baigné dans des aquarelles d’une grande douceur, souligné par des photos panoramiques de villes traversées, d’un arbre mort, de barques endormies, le Brésil s’exprime dans une jolie cacophonie qui dit le voyage autant que l’esprit du voyageur, ET qui force à voir ce qui vaut cartes postales douloureusement et heureusement ( !!! ) revisitées…
Seul bémol… As bundinhas !!!!!!!
Un livre de plus sur le Brésil, pays souvent col-porté par des clichés touristiques qui appauvrissent son réel : Copacabana, carnaval, samba, batucada, capoeira, futebol, mulata et, dans le meilleur des cas, la magnifique chanson de Vinicius de Moraes, A garota de Ipanema. Lepage se laisserait-il prendre au piège d’une féérie constamment relatée, désespérément frelatée ?
Première page, première ville. Sao Paulo. Il ne pouvait pas me faire plus plaisir. Sao Paulo, ville mal aimée du Brésil, ville mastodonte, assommée d’immeubles, de néons, de publicités envahissantes, ses hélicoptères, ses banques dévorant l’Avenida paulista, ville repoussoir si on ne fait pas l’effort de la conquérir, ville en contradiction flagrante avec les images d’épinal forgées par le touriste lambda. Elle est l’objet de ses premiers croquis. Puis, sans ordre, du Minas Gerais et ses églises baroques en passant par l’incontournable baie de Rio de Janeiro à l’ombre des bras en croix du Corcovado ; Brasilia, ses monuments et rues qui indiquent leur route aux nuages ; Belem et son port mis à nu par les eaux retirées ; Salvador da Bahia et son ascenseur qui charrie 50000 personnes par jour pour un voyage de 15 secondes ; et les cataractes débridées de Foz de Iguaçu, aucun des standards n’est épargné…
Lepage s’était-il laissé prendre à la magie désolante à force d’être ressassée ?
Pas tout à fait. Le parti-pris de ce voyage est clairement affiché. Le regard se focalise sur les paysages mille fois revus autant que sur les corps déformés, les visages mutilés, les estomacs percés de mille aiguilles, la solitude de Monsieur Carvalho, les rêves de Paulinho, les désirs d’Alberto, les actes manqués dans une gare routière, les pirouettes sur la plage d’Algodoal, l’enfance rieuse malgré le reste, des tranches de vie esquissées, les non-dits, le peuple brésilien dans son entier, sa diversité, ses blessures, et enfin… Lepage lui-même qui s’immisce, comme par effraction, dans ce qu’il observe. Il faut dire que le voyage est une constante chez l’auteur qu’il s’agisse de la série Névé, Les voyages d’Anna ou encore La terre sans mal (prix Alph’Art du meilleur album d’Angoulême), le voyage est expérimenté comme un temps suspendu, unique, dense, où la quête autant que la rupture, la rencontre autant que la solitude se suffisent en soi.
Baigné dans des aquarelles d’une grande douceur, souligné par des photos panoramiques de villes traversées, d’un arbre mort, de barques endormies, le Brésil s’exprime dans une jolie cacophonie qui dit le voyage autant que l’esprit du voyageur, ET qui force à voir ce qui vaut cartes postales douloureusement et heureusement ( !!! ) revisitées…
Seul bémol… As bundinhas !!!!!!!
Monique Dorcy
Documentaliste au Collège Chlore Constant
Public : Lycée
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