
Men a sa mo ké li pou sa vakans-yan. Miyò, a sa mo ké VIRÉ li.
C'est effectivement au moins la cinquante-douzième fois que je relis cette bande dessinée écrite et scénarisée par Bruno Cléry, dessinée par Fab Dee Moe's avec Cocoon comme conseiller artistique.
Poukisa senkantdouz fwè ?
Tant dans la forme que dans le fond, je ne peux m'en lasser, et chaque nouvelle lecture est l'occasion de nouvelles trouvailles dont cette BD fourmille.
MÉSYÉKRiK ?............................MÉSYÉKRAK !
GiLiTiNG ?............................DAYTiNG !
MONTO MAN ?............................MONTO WA !
Atò, le conte commence. Car c'est la forme du conte que nos trois compères Dòkò on choisit pour commettre cette bande dessinée visionnaire, dèyè-dimen à plus d'un titre.
Granpa' Dolo le conteur, qui a un petit air de notre regretté Tatav, (défunt mouché Pamphile) s'avance sous le grand pied-bois et nous raconte en kréyòl guyanais l'histoire de la famille Dòkò. Mèt Dòkò, sa femme Manzé Dòkò née Dibout et son fils Ti Dòkò habitent Kaz-Kayenn, ville située entre le Maroni et l'Oyapòk.
Kaz-Kayenn a la forme d'une tête de tig (jaguar) avec ses rues pleines de vies et de jeux de mots (lari Vyè, lari Rèt, lari Tournèl, lari Stourn, lari Kantonè, lari Golad....)
Le conteur est interrompu comme le veut la tradition par un conteur Révéyé.
Mais.....il s'agit ici de l'animateur de RKS (Radyo Ké Satélit), dreadlocks imposantes et petit air de Bob Marley (à moins que ce ne soit DHK2 !). Ses révéyé qui ponctuent le récit, sont le plus souvent des dolo énoncés librement dans un sabir anglo-kréyòl (n'en déplaise à nos folklo-puristes !). Les interventions de l'animateur sont accompagnées de salutations dans les langues que parlent les habitants de Kaz-Kayenn tout au long de la BD : kréyòl-guyanais-haïtien-guadeloupéen-martiniquais, bushinengé, téko (émérillon), mandarin, javanais, hmong, wayanpi, brésilien, espagnol,...
L'horloge indique l'heure : Bonmanten ! "Lévé pisé !" Au pipiri chantant, c'est Manzé Dòkò qui réveille sa petite famille.
Alors que Mèt Dòkò va "philolopher" pour les jennjan au resto u(niversitaire) de Okwa-Gran Linivèrsité où l'on peut suivre des "kour ètnoloji, kour agronomi, kour toukour, kour botanik, kour istwé péï", Ti Dòkò va à ses cours à "lékòl kasékò" puis à "sikoo fou tembé" (l'école de tembé). Quant à Manzé Dòkò avant d'aller vendre ses paté-koko, lanmou chinwa, sispa et autres nièn-kào (gato chinwa), elle fait ses courses au "Gran Dégra Poson" où l'on trouve de l'atipa de Kaw, de l'aymara de Kamopi, du tidjòl de Chikago, à "La Palmeraie", èspésyalis en waséy et komou, à "Kwak Sanntèr Èspésyalis Intèrnasyonal di Kwak", kwak d'Awala, kwak d'Apatou, kwak de Sinnamary...
Le soir venu un "gro penteng" réuni le couple Dòkò et leurs amis : mouché Madinina et sa senkantdouz-yenm femme manzé Pindersaus, mouché Maroni et sa femme manzè Oyapòk, manzé Map (mouché Map travaille ce soir là...;=), mouché Libamatos et ses deux épouses manzé Bastè et manzé Grantè, mouché Blanpéï et sa madigwèn manzé Villabrazil, mouché Ankchin et sa concubine manzé Kakao.
A l'étage, Ti Dòkò et les enfants de tout ce petit monde, toastent et rapent à grands coups de masak.
Men laplibèl anba labay ! Je vous laisse découvrir vous-mêmes la fin. Fin digne de nos femmes potomitan, digne de Manzé Dòkò née Dibout !
Sur la couverture en bas du sous-titre "A ki moun ki dòkò isi-a !..." on trouve la mention : "Prémyé tom". J'attends le deuxième comme un melon d'eau attend la saison des pluies, comme un abati coupé attend la saison beau-temps pour brûler. D'ailleurs à la 95 ième page il est précisé, pou vini : "MOVÉ TAN".
Alors les compères Bruno, Fab Dee Moe's, Cocoon sa zòt ka fè dipi 1998 ? Est ce que la cour dort ?
Si la cour ne dort pas, venez à nouveau nous remplir les yeux et l'esprit de votre vision bouyon-wara de la société guyanaise de demain, de cette impertinence, de cet enracinement, de cette modernité, de cette créativité, de cette préfiguration (n'en déplaise à nos écrivains-patentés !) de la nouvelle littérature guyanaise que vous nous avez donné à voir et à lire dans ce premier tome.
Pou fin ké sa : tout habitant de Guyane devrait avoir cette Bible guyanaise, heu ! pardon!... , cette BD guyanaise, comme livre de chevet. "Gran kouté piti, piti kouté gran" dit le dolo. Si les adultes écoutent les jeunes, leurs attentes, leurs rêves, à leur tour ces jeunes écouteront ces adultes qui sont prêts à les accompagner dans leur rêves afin que ceux-ci deviennent réalité. Car c'est bien de réalité qu'il s'agit dans cette BD, la réalité guyanaise de demain ( oro...!? pourquoi pas d'aujourd'hui..!?), la réalité d'une société foisonnante avec des racines multiples et profondes, avec des branches et des feuilles et des fruits innombrables à l'image de l'arbre sous lequel conte Granpa' Dolo.
Kontinwé DÒKÒ !
C'est effectivement au moins la cinquante-douzième fois que je relis cette bande dessinée écrite et scénarisée par Bruno Cléry, dessinée par Fab Dee Moe's avec Cocoon comme conseiller artistique.
Poukisa senkantdouz fwè ?
Tant dans la forme que dans le fond, je ne peux m'en lasser, et chaque nouvelle lecture est l'occasion de nouvelles trouvailles dont cette BD fourmille.
MÉSYÉKRiK ?............................MÉSYÉKRAK !
GiLiTiNG ?............................DAYTiNG !
MONTO MAN ?............................MONTO WA !
Atò, le conte commence. Car c'est la forme du conte que nos trois compères Dòkò on choisit pour commettre cette bande dessinée visionnaire, dèyè-dimen à plus d'un titre.
Granpa' Dolo le conteur, qui a un petit air de notre regretté Tatav, (défunt mouché Pamphile) s'avance sous le grand pied-bois et nous raconte en kréyòl guyanais l'histoire de la famille Dòkò. Mèt Dòkò, sa femme Manzé Dòkò née Dibout et son fils Ti Dòkò habitent Kaz-Kayenn, ville située entre le Maroni et l'Oyapòk.
Kaz-Kayenn a la forme d'une tête de tig (jaguar) avec ses rues pleines de vies et de jeux de mots (lari Vyè, lari Rèt, lari Tournèl, lari Stourn, lari Kantonè, lari Golad....)
Le conteur est interrompu comme le veut la tradition par un conteur Révéyé.
Mais.....il s'agit ici de l'animateur de RKS (Radyo Ké Satélit), dreadlocks imposantes et petit air de Bob Marley (à moins que ce ne soit DHK2 !). Ses révéyé qui ponctuent le récit, sont le plus souvent des dolo énoncés librement dans un sabir anglo-kréyòl (n'en déplaise à nos folklo-puristes !). Les interventions de l'animateur sont accompagnées de salutations dans les langues que parlent les habitants de Kaz-Kayenn tout au long de la BD : kréyòl-guyanais-haïtien-guadeloupéen-martiniquais, bushinengé, téko (émérillon), mandarin, javanais, hmong, wayanpi, brésilien, espagnol,...
L'horloge indique l'heure : Bonmanten ! "Lévé pisé !" Au pipiri chantant, c'est Manzé Dòkò qui réveille sa petite famille.
Alors que Mèt Dòkò va "philolopher" pour les jennjan au resto u(niversitaire) de Okwa-Gran Linivèrsité où l'on peut suivre des "kour ètnoloji, kour agronomi, kour toukour, kour botanik, kour istwé péï", Ti Dòkò va à ses cours à "lékòl kasékò" puis à "sikoo fou tembé" (l'école de tembé). Quant à Manzé Dòkò avant d'aller vendre ses paté-koko, lanmou chinwa, sispa et autres nièn-kào (gato chinwa), elle fait ses courses au "Gran Dégra Poson" où l'on trouve de l'atipa de Kaw, de l'aymara de Kamopi, du tidjòl de Chikago, à "La Palmeraie", èspésyalis en waséy et komou, à "Kwak Sanntèr Èspésyalis Intèrnasyonal di Kwak", kwak d'Awala, kwak d'Apatou, kwak de Sinnamary...
Le soir venu un "gro penteng" réuni le couple Dòkò et leurs amis : mouché Madinina et sa senkantdouz-yenm femme manzé Pindersaus, mouché Maroni et sa femme manzè Oyapòk, manzé Map (mouché Map travaille ce soir là...;=), mouché Libamatos et ses deux épouses manzé Bastè et manzé Grantè, mouché Blanpéï et sa madigwèn manzé Villabrazil, mouché Ankchin et sa concubine manzé Kakao.
A l'étage, Ti Dòkò et les enfants de tout ce petit monde, toastent et rapent à grands coups de masak.
Men laplibèl anba labay ! Je vous laisse découvrir vous-mêmes la fin. Fin digne de nos femmes potomitan, digne de Manzé Dòkò née Dibout !
Sur la couverture en bas du sous-titre "A ki moun ki dòkò isi-a !..." on trouve la mention : "Prémyé tom". J'attends le deuxième comme un melon d'eau attend la saison des pluies, comme un abati coupé attend la saison beau-temps pour brûler. D'ailleurs à la 95 ième page il est précisé, pou vini : "MOVÉ TAN".
Alors les compères Bruno, Fab Dee Moe's, Cocoon sa zòt ka fè dipi 1998 ? Est ce que la cour dort ?
Si la cour ne dort pas, venez à nouveau nous remplir les yeux et l'esprit de votre vision bouyon-wara de la société guyanaise de demain, de cette impertinence, de cet enracinement, de cette modernité, de cette créativité, de cette préfiguration (n'en déplaise à nos écrivains-patentés !) de la nouvelle littérature guyanaise que vous nous avez donné à voir et à lire dans ce premier tome.
Pou fin ké sa : tout habitant de Guyane devrait avoir cette Bible guyanaise, heu ! pardon!... , cette BD guyanaise, comme livre de chevet. "Gran kouté piti, piti kouté gran" dit le dolo. Si les adultes écoutent les jeunes, leurs attentes, leurs rêves, à leur tour ces jeunes écouteront ces adultes qui sont prêts à les accompagner dans leur rêves afin que ceux-ci deviennent réalité. Car c'est bien de réalité qu'il s'agit dans cette BD, la réalité guyanaise de demain ( oro...!? pourquoi pas d'aujourd'hui..!?), la réalité d'une société foisonnante avec des racines multiples et profondes, avec des branches et des feuilles et des fruits innombrables à l'image de l'arbre sous lequel conte Granpa' Dolo.
Kontinwé DÒKÒ !
tijé
"Lavantir Mèt Dòkò"/Bruno, Cocoon ké Fab Dee Moe's ; Ibis Rouge éditions ; 96 pages ; 1998 ; ISBN : 2-84450-050-1
Prix : €15 Euros
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire