
J'ai le mal du pays
C'est vrai que je ne peux pas aimer la terre
et m'exiler des hommes
je ne peux pas aimer
comme si de rien n'était
à belle-dents croquer les filles
sans un goût m'amertume aux lèvres
à cor et à cri clamer l'amour
sans éprouver quelques remords
étreindre un corps comme on regagne un port
à l'abri de toute tempête...
...c'est vrai je ne peux pas
réduire ma Guyane à sa froideur de mappe
terre irriguée par hydres vasculaires
vert-de-brousse affleurant à l'émeraude
là où la mer est caraïbe...
... mon pays a la forme d'un coeur
et je l'ai parcouru comme le corps d'une amante
de l'ocre des bauxites aux rives glaucescentes
de l'ivre frangipane au remugle des anses
de la jungle aux maremmes
du vol des flamants rouge à la hantise du sang
j'ai le mal du pays comme un chagrin d'amour.
Serge Patient, J'ai le mal du pays, p. 64-65
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